Les règles de publication des risques climatiques aux États-Unis pourraient bientôt disparaître. La Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés financiers américains, a proposé de supprimer les obligations adoptées en 2024 qui imposaient aux entreprises cotées de communiquer davantage d’informations sur les conséquences financières du changement climatique.
Cette décision marque un tournant dans la politique américaine en matière de finance durable. Si elle est confirmée, elle pourrait modifier la manière dont les investisseurs analysent les entreprises et renforcer les différences réglementaires entre les États-Unis et l’Europe.
Un changement de cap
Les règles introduites en 2024 obligeaient certaines sociétés cotées à publier des informations sur les risques climatiques susceptibles d’affecter leurs résultats financiers. L’objectif était d’améliorer la transparence et de permettre aux investisseurs d’intégrer ces risques dans leurs décisions.
La SEC estime aujourd’hui que ces obligations dépassent son rôle traditionnel et qu’elles représentent une charge réglementaire excessive pour les entreprises. La proposition doit encore suivre la procédure réglementaire avant une éventuelle adoption définitive.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question de certaines réglementations fédérales aux États-Unis, alors que plusieurs États continuent, de leur côté, à renforcer leurs propres exigences en matière de transparence.
Les investisseurs continueront à demander des informations
Même si les règles fédérales venaient à disparaître, cela ne signifie pas que les entreprises pourront totalement abandonner leurs publications climatiques.
De nombreux investisseurs institutionnels utilisent déjà ces informations pour évaluer les risques liés aux chaînes d’approvisionnement, aux événements climatiques extrêmes ou encore aux futures réglementations. Les grands gestionnaires d’actifs intègrent désormais ces éléments dans leurs analyses, notamment pour les secteurs de l’énergie, de l’industrie, des transports et des services publics.
Autrement dit, la demande du marché pourrait continuer à exercer une pression sur les entreprises, indépendamment des obligations imposées par la SEC.
Un enjeu pour les marchés financiers
Cette décision pourrait également accroître les différences entre les entreprises américaines et européennes.
Alors que l’Union européenne renforce progressivement ses règles de publication extra-financière, les États-Unis semblent emprunter une trajectoire différente. Les groupes internationaux devront donc composer avec plusieurs cadres réglementaires, ce qui pourrait augmenter leurs coûts de conformité.
Pour les investisseurs, la qualité de l’information restera un élément central. Une entreprise capable de communiquer de manière claire sur ses risques, qu’ils soient climatiques, opérationnels ou financiers, bénéficie généralement d’une meilleure visibilité auprès des marchés. À l’inverse, un manque de transparence peut accroître l’incertitude et conduire certains investisseurs à appliquer une décote de valorisation ou à exiger une prime de risque plus élevée.
À retenir
Le projet de la SEC ne remet pas en cause l’importance des risques climatiques pour les marchés financiers, mais il modifie le rôle que le régulateur souhaite jouer dans leur publication. Pour les entreprises, la pression ne viendra plus uniquement des autorités, mais également des investisseurs, des banques et des actionnaires, qui continueront à rechercher une information fiable pour évaluer les risques à long terme.


